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Dernière mise à jour :  29/11/2016 à 10:03

La politique de cohésion au cœur d’un séminaire des régions françaises

L’association Régions de France a organisé un séminaire sur l’avenir de la politique de cohésion à Strasbourg le 25 octobre. Ont notamment participé à ce débat: les Commissaires européennes Corina Cretu, en charge de la Politique régionale, et Marianne Thyssen, chargée de l’Emploi, des affaires sociales, des compétences et de la mobilité des travailleurs; les Eurodéputés Jean Arthuis (ADLE, Ouest) et Isabelle Thomas (S&D, Ouest); ainsi que Jean-Michel Thornary, Commissaire général à l'Egalité des territoires (CGET) et Philippe Leglise-Costa, Secrétaire général des Affaires européennes (SGAE).

En introduction, Philippe Richert, Président de Régions de France et de la Région Grand Est, a rappelé le caractère essentiel de la politique de cohésion, qui relève d’une planification commune et d’une responsabilité partagée entre l’UE et les régions. Cette politique doit concerner toutes les régions de l'UE et ne doit pas être remplacée par le Plan Juncker, qui est complémentaire. Une réforme de la politique de cohésion est toutefois nécessaire, dans le sens d'une simplification.

La Commissaire Cretu a insisté sur trois aspects: communiquer et rendre plus visible les succès de la politique de cohésion, et son apport dans la vie quotidienne des citoyens; traduire les programmes opérationnels (PO) par des projets et des résultats en termes de croissance et d'emploi; réfléchir à l’avenir de la politique de cohésion autour de quatre questions que sont la flexibilité, la performance, le lien avec la gouvernance économique et la simplification. C. Cretu souhaite à tout prix éviter que les PME renoncent aux FESI en raison de leur complexité. Les étapes à venir en 2017 sont une analyse d'impact, une consultation publique au printemps et le Forum Cohésion en juin. Pour faire face aux défis à venir, la commissaire a demandé aux régions françaises leur soutien et leurs contributions.

La politique de cohésion doit répondre aux défis des territoires, a indiqué Marianne Thyssen. Sur le chômage des jeunes, elle souhaite de nouvelles actions en faveur des jeunes "NEET" (jeunes qui ne sont ni en éducation, ni en emploi ni en formation). La commissaire estime par ailleurs que la mise en œuvre du FSE (Fonds social européen) et de l'IEJ (Initiative Emploi Jeunes) sont indissociables des recommandations adressées par l'UE à chaque pays.

Face aux difficultés d'accès aux fonds, Jean-Michel Thornary souhaite améliorer les outils. Les FESI (Fonds européens structurels et d’investissement) sont une nécessité pour l'innovation en faveur de la croissance et pour pallier aux vulnérabilités territoriales. Les modes d'intervention (subventions, prêts) doivent être évalués précisément et s'adapter aux types de territoires. Sur ce dernier point, Isabelle Thomas est allée dans le même sens en appelant à la prudence sur les instruments financiers, qui ne soutiennent pas les mêmes types de projets que les subventions. Elle a également rappelé que les FESI sont le premier budget d'investissement de l'UE. Les deux eurodéputés ont en revanche regretté la lenteur dans le démarrage des programmes.

Ce qui marque l’avenir, pour Philippe Leglise-Costa, ce sont les tensions politiques qui n‘ont jamais été aussi fortes en Europe et qui augurent un débat profond sur le budget européen. En outre, de nouvelles priorités se sont ajoutées (migrations, politique extérieure, défense), au risque de créer de la concurrence entre les politiques de l'UE. Enfin, la sortie du Royaume-Uni de l’UE aura un impact financier. Il faudra donc trouver un équilibre d'une part entre prévisibilité et réactivité du budget UE, d'autre part entre simplification et rigueur dans la gestion des deniers publics. La France conserve une ambition importante pour l'UE et pour le budget européen, qui devra refléter les principes fondamentaux de l'Union.

En conclusion, Harlem Désir, Secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, a insisté sur le rôle clé des régions dans le débat sur le post 2020, rappelant que la France reçoit 26 milliards € au titre des FESI entre 2014 et 2020. La politique de cohésion doit être maintenue pour toutes les régions et en tenant compte de leurs spécificités. Il s'est montré un défenseur ambitieux et convaincu de la politique de cohésion.


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