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Dernière mise à jour :  27/10/2016 à 09:57

Les accords commerciaux et la filière bovine européenne

L’Accord économique et commercial global (AECG) entre l’Union européenne et le Canada, plus connu sous l’acronyme anglais CETA (Comprehensive economic and trade agreement), devrait recevoir l’aval du Conseil de l’Union européenne fin octobre. Cette décision est mise en balance par le véto du Parlement wallon en Belgique.

L’AECG porte sur un grand nombre de secteurs économiques et, en particulier, l’agriculture, avec par exemple la reconnaissance par le Canada de 145 indications géographiques (hors vins et spiritueux) européennes sur les plus de 1 300 existantes.

Mais une filière est particulièrement inquiète: celle de la viande bovine. En effet, elle subit les effets collatéraux de la crise du lait: les mesures européennes en faveur du secteur (voir Info Europe Juillet 2016) ont pour conséquence l’arrivée sur le marché de la viande issue des vaches réformées,  destinées à l’abattage afin de réduire la production de lait. Aussi, l’ouverture du marché européen aux producteurs canadiens inquiète fortement les organisations de producteurs que le Député européen Éric Andrieu (S&D, Sud-Ouest) avait réuni le 18 octobre lors d’un évènement au Parlement européen sur la question de la filière bovine dans les accords commerciaux européens (AECG, TTIP, Mercosur, etc.).

Des représentants irlandais (Irish farmer association), italien (Assocarni), français (Interbev), espagnol (AsoProVac) et européen (Copa-Cogeca) ainsi que les Eurodéputés Yannick Jadot (Verts/ALE, France), Mairead McGuinness (PPE, Irlande), Paolo de Castro (S&D, Italie) ont fait le point sur ce dossier.

Tous reconnaissent la nécessité de pouvoir exporter et trouver de nouveaux débouchés, en particulier, les producteurs irlandais qui s’inquiètent des effets du Brexit sur leurs exportations. En revanche, la majorité de la filière craint une déstabilisation du marché européen en cas d’accord avec le Canada. Les préoccupations portent notamment sur la production haut de gamme. Par exemple, lorsque le kilo d’aloyau coûte en moyenne 13,70 € en Europe, il ne coûte que 4,40 € aux Etats-Unis. Sous cette problématique apparait le second point de friction: le modèle agricole. Les intervenants ont opposé un modèle européen rural de petites exploitations, respectueuses de l’environnement et du bien-être animal, un modèle de qualité, fondé sur l’origine, face à un modèle d’élevage intensif, industriel, adossé aux industries chimiques, bien que certains intervenant comme M. McGuinness aient rappelé l’aspect caricatural de ce point de vue.

Le dernier intervenant, John Clark, de la DG Commerce de la Commission européenne, a tenté de revenir sur les arguments des opposants qu’il juge infondés et de rassurer les producteurs sur le contenu de cet accord. Il a notamment rappelé que l’on ne peut pas parler de "libre échange" mais bel et bien d’accords commerciaux qui engagent les deux parties à respecter des clauses précises.

Les débats ont été suivis par une dégustation de viande de bœuf limousine française.


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