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Dernière mise à jour :  05/03/2012 à 09:55

Nouvel accord de libéralisation des échanges entre l’UE et le Maroc [archive]

Le Parlement européen (PE) a approuvé, le 16 février dernier, l’accord de libéralisation du commerce des produits agricoles et de la pêche entre l’UE et le Maroc, une majorité de députés soulignant qu’un tel accord sera susceptible de soutenir la transition vers la démocratie à la suite du printemps arabe et d’atténuer les problèmes économiques, migratoires, et de sécurité.

Cet accord, déjà avalisé par le Conseil (Etats membres) fin 2010, lèvera sans délai 55% des droits de douane sur les produits agricoles et de la pêche du Maroc (33% actuellement) et 70% des droits de douane des produits agricoles et de la pêche de l'UE (1% actuellement). Il inclut notamment des sauvegardes pour les "produits européens sensibles" (tomates, fraises, concombres et ail) et fixe des quotas saisonniers pour lutter contre des distorsions sur le marché européen.

Cet accord a divisé les parlementaires européens, à l’exception des Espagnols qui se sont massivement prononcés contre sa mise en œuvre. José Bové (Vert, France), rapporteur pour cet accord, s’est également vivement prononcé contre, rappelant notamment qu’un tel accord menace l’agriculture du sud de l’Espagne sans pour autant bénéficier aux petits et moyens producteurs marocains et que les conditions de travail et modes de production au Maroc ne sont pas tolérables en l’état. Les organisations professionnelles et coopératives agricoles européennes réunies au sein du Copa-Cogeca dénoncent "un effet dramatique sur le secteur européen des fruits et légumes, tout particulièrement les tomates".

Dans une résolution, le PE appelle cependant la Commission à surveiller la stricte application des quotas et à renforcer les contrôles en vue d'éviter toute fraude présumée dans le système de prix d'entrée. La résolution demande également une évaluation de l'impact sur les revenus des producteurs et agriculteurs européens.

Cet accord de libre échange soulève la question de celui avec le Mercosur en Amérique Latine, dont les négociations ont été relancées en 2010. L'année dernière, une étude de la Commission européenne mettait en avant le fait que les agriculteurs européens pourraient perdre plus de 3 millions € de revenus par an d'ici 2020 dans le cadre d'un tel accord avec la région du Mercosur.

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