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Dernière mise à jour :  18/12/2015 à 11:16

TTIP: le Secrétaire américain à l’Agriculture à Bruxelles [archive]

Tom Vilsack, le Secrétaire américain à l’Agriculture, était à Bruxelles les 30 novembre et 1er décembre derniers. Il a notamment échangé avec la commission de l’Agriculture du Parlement européen (PE) et est intervenu aux côtés du Commissaire Phil Hogan lors d’une conférence organisée par la Commission européenne sur les perspectives agricoles. La question du futur accord de libre-échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis (TTIP) était au cœur des préoccupations exprimées lors de ces différents échanges, en particulier du côté européen concernant les questions sanitaires mais aussi les indications géographiques (IG). Eric Andrieu (S&D), député européen de la circonscription du Sud-Ouest de la France, a ainsi pu attirer l'attention du Secrétaire américain, lors du débat au PE, sur l'importance d'une protection des IG dans un futur accord.

Lors de ses interventions, Tom Vilsack a pu souligner la diversité de l’agriculture américaine, à la fois dans les tailles d’exploitations, les types d’opérateurs, les procédés de transformation. Il a également insisté sur les défis auxquels ce secteur est confronté, en particulier celui d’assurer la sécurité alimentaire mondiale dans un contexte où la population ne cesse de croitre. Sur ce point, l’augmentation sans précédent de la classe moyenne sur le continent asiatique a été, à plusieurs reprises, pointée comme une opportunité pour le secteur. Le commerce est ainsi une partie de la réponse à ce défis, et c’est à ce titre qu’il est indispensable que le secteur agricole fasse partie des négociations commerciales. Selon lui, un futur TTIP sans volet agricole n’obtiendrait pas l’accord du Congrès américain, même si les défis restent nombreux et que le secteur agricole sera, comme souvent dans de telles négociations, l’ultime volet sur la table des négociations.

Parmi les sujets agricoles sensibles identifiés par T. Vilsack dans le cadre du TTIP se trouve la question des Indications géographiques, qui a été soulevée également par de très nombreux députés européens de la commission de l’Agriculture lors de leurs échanges avec le Secrétaire américain, ainsi que par le Commissaire Hogan. Mais pour T. Vilsack, si les systèmes sont différents (IG en Europe et marques commerciales aux Etats-Unis), leur objectif est le même. Il a reconnu que certains noms de fromages par exemple étaient utilisés depuis longtemps aux Etats-Unis et étaient à ce titre devenus des noms génériques, citant à titre d’exemple le parmesan et la mozzarella. Tout en reconnaissant la sensibilité de cette question sur laquelle les négociations sont toujours en cours, il a précisé qu’une solution pourrait être trouvée dans l’étiquetage de ces produits. De manière plus générale il est revenu régulièrement dans ses propos sur l’importance de l’information communiquée aux consommateurs (OGM, IG, BIO,  traitement sanitaire et phytosanitaire). A ce dernier de choisir en connaissance de cause et aux producteurs de s’adapter à la demande. Face aux craintes exprimées quant à la puissance du secteur agricole américain dans un futur accord commercial, le secrétaire américain a souligné à plusieurs reprises la haute valeur ajoutée des produits agricoles européens, susceptibles de trouver une demande en augmentation sur le continent américain, à laquelle l’offre nationale pourrait ne pas répondre en totalité (la production biologique par exemple).  

Pour Tom Vilsack, la solution pour un volet agricole satisfaisant au sein du TTIP est à rechercher non dans la mise en place de systèmes identiques mais de systèmes équivalents. Le Commissaire P. Hogan a quant à lui précisé, lors de son intervention le 1er décembre, que pour remporter l’adhésion européenne, le TTIP devra garantir un véritable accès au marché américain, pointant notamment à nouveau la question des "pics tarifaires et barrières douanières" et la protection des IG européennes.
 
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